Mode circulaire : le guide pour ne plus se faire greenwasher

A diverse group of adults lined up in a city street, showcasing urban life.

Les marques ont appris à parler vert. Voici comment décoder leur discours — et repérer celles qui agissent vraiment

STREETWEAR

Texte : Lifsa Maabo

Yo. Éco aux commandes. 🐰
 
Aujourd’hui, c’est mon territoire. On parle de mon sujet de prédilection : comment la mode peut arrêter de détruire la planète.
 
Spoiler : c’est compliqué. Parce que tout le monde a compris que “durable” faisait vendre. Du coup, tout le monde se dit durable. Même ceux qui produisent 52 collections par an.
 
Ce guide, c’est ton kit de survie. Pour ne plus te faire avoir. Pour savoir où mettre ton argent. Pour comprendre ce qui change vraiment et ce qui n’est que du bruit.
 
On y va. Ouvre l’œil. 👁️
 
Éco

Le problème en trois chiffres

Avant de parler solutions, posons le diagnostic.
92 millions. C’est le nombre de tonnes de vêtements jetés chaque année dans le monde. L’équivalent d’un camion-poubelle de textiles déversé chaque seconde.
10%. C’est la part de l’industrie de la mode dans les émissions mondiales de CO2. Plus que l’aviation et le transport maritime réunis.
2 semaines. C’est la durée de vie moyenne d’un vêtement fast fashion avant qu’il soit jeté. Pas usé. Jeté.
Ces chiffres ne sont pas des abstractions. Ils représentent des ressources extraites, de l’eau polluée, des écosystèmes détruits, des travailleurs exploités.
Face à ce constat, deux réponses émergent.
La première : l’économie circulaire. Repenser le système pour que rien ne se perde, tout se transforme. Concevoir des vêtements qui durent, se réparent, se recyclent.
La seconde : le greenwashing. Repeindre le système en vert sans rien changer au fond. Communiquer sur l’exception pour masquer la règle. Vendre de la bonne conscience.

Le problème ? Les deux utilisent souvent les mêmes mots.

Qu’est-ce que la mode circulaire (vraiment) ?

L’économie circulaire est un concept simple sur le papier : s’inspirer des cycles naturels où les déchets des uns deviennent les ressources des autres.
Appliquée à la mode, cette logique implique de repenser l’ensemble du cycle de vie d’un vêtement.
Les 5 piliers de la circularité textile

1. Concevoir pour durer

Un vêtement circulaire commence dès le design. Choix de matériaux résistants. Coutures renforcées. Coupes intemporelles qui survivent aux tendances.
L’opposé exact de l’obsolescence programmée stylistique de la fast fashion, conçue pour qu’on se lasse avant que le tissu ne s’use.

2. Produire proprement

Matières premières à faible impact (fibres recyclées, biologiques, régénératives). Procédés de fabrication économes en eau et en énergie. Teintures non toxiques. Conditions de travail dignes.
La production représente 70-80% de l’impact environnemental d’un vêtement. Impossible de prétendre à la circularité sans transformer cette étape.

3. Prolonger l’usage

Entretien adapté pour maximiser la durée de vie. Réparation accessible (couturières, ateliers, tutoriels). Modularité (pièces transformables, détachables).
Chaque mois de vie supplémentaire réduit l’empreinte carbone par usage.

4. Faire circuler

Quand tu n’en veux plus, quelqu’un d’autre peut en vouloir. Revente, don, location, échange. Les modèles de seconde main explosent. C’est la partie la plus visible de l’économie circulaire.

5. Recycler en dernier recours

Quand le vêtement est vraiment en fin de vie, ses matériaux doivent pouvoir réintégrer un cycle de production. Fibres retransformées en fils, puis en nouveaux tissus.
C’est le pilier le plus difficile. Le recyclage textile reste techniquement complexe et économiquement fragile. Seulement 1% des textiles sont recyclés en nouveaux vêtements. Le reste finit en isolant, en chiffons industriels — ou en décharge.

L’anatomie du greenwashing

Le greenwashing, c’est l’art de paraître vert sans l’être. Et l’industrie de la mode y excelle.

Voici les techniques les plus courantes — et comment les repérer.

 Technique 1 : La collection capsule alibi

Comment ça marche :
Une marque lance une “collection consciente” représentant 2% de sa production. Communication massive. Étiquettes vertes. Influenceurs mobilisés.
Pendant ce temps, les 98% restants continuent comme avant.

Comment la repérer :
Pose la question : quel pourcentage de la production totale cette initiative représente-t-elle ? Si la marque ne répond pas ou noie la réponse dans du jargon, méfiance.

Exemple type :
Les collections “Conscious” de certains géants de la fast fashion. Quelques pièces en coton bio noyées dans un océan de polyester vierge produit à des millions d’exemplaires.


 Technique 2 : Le label maison

Comment ça marche :
La marque crée son propre label de durabilité. Critères définis en interne. Aucune vérification externe. Un joli logo qui ne garantit rien.

Comment la repérer :
Vérifie si le label est certifié par un organisme indépendant. “Eco-friendly by [nom de marque]” ne vaut rien. GOTS, OEKO-TEX, B Corp — ces labels impliquent des audits externes.

Exemple type :
Les pictogrammes “produit responsable” inventés par les enseignes, sans cahier des charges public ni contrôle tiers.


 Technique 3 : Le recyclage cosmétique

Comment ça marche :
La marque installe des bacs de collecte en boutique. “Rapportez vos vieux vêtements !” Communication sur l’économie circulaire.

En réalité : la majorité des vêtements collectés sont exportés vers des pays du Sud global (Ghana, Kenya, Chili) où ils saturent les marchés locaux et finissent en décharge. Moins de 10% sont effectivement recyclés.
Pire : le bon de réduction offert en échange incite à acheter du neuf. Le bilan net est souvent négatif.

Comment la repérer :
Demande : que deviennent concrètement les vêtements collectés ? Quelle proportion est recyclée en fibres ? Qui sont les partenaires ? Si les réponses sont vagues, le système l’est aussi.

Exemple type :
Les programmes de reprise de la plupart des grandes chaînes. Initiative sympa sur le papier, alibi de conscience en réalité.


 Technique 4 : Le vocabulaire flou

Comment ça marche :
Utiliser des termes séduisants mais non définis : “éco-responsable”, “respectueux de l’environnement”, “naturel”, “green”, “conscious”.
Aucun de ces mots n’a de définition légale. Ils ne garantissent strictement rien.

Comment la repérer :
Exige des précisions. “Éco-responsable” comment ? Sur quel critère ? Mesuré par qui ? Si la marque ne peut pas répondre avec des données, c’est du vent.

Mots à interroger systématiquement :
– “Durable” → Durable comment ? Durée de vie ? Impact carbone ?
– “Naturel” → Le pétrole aussi est naturel. Le coton conventionnel détruit des nappes phréatiques.
– “Recyclé” → Quel pourcentage ? Recyclé à partir de quoi ?
– “Conscious” → Conscient de quoi exactement ?


 Technique 5 : La compensation carbone

Comment ça marche :
“Nous compensons 100% de nos émissions en plantant des arbres.”

Traduction : nous continuons à polluer mais nous payons quelqu’un pour théoriquement absorber notre pollution.
Les systèmes de compensation sont souvent défaillants. Arbres plantés qui ne survivent pas. Double comptage des crédits carbone. Projets qui auraient existé de toute façon.

Comment la repérer :
La vraie question : que fait la marque pour réduire ses émissions à la source ? Compenser sans réduire, c’est remplir une baignoire percée.

Ce qu’il faut chercher :
Des engagements de réduction chiffrés et datés. “Réduire de 50% nos émissions d’ici 2030” vaut mieux que “compenser 100% dès maintenant”.



 Technique 6 : L’innovation miracle

Comment ça marche :
Mettre en avant une innovation technologique (nouveau matériau, nouveau procédé) comme si elle résolvait tout.
“Nous utilisons du polyester recyclé !” OK. Mais le polyester recyclé relâche toujours des microplastiques au lavage. Et sa production représente quelle part de ton volume total ?

Comment la repérer :
L’innovation est une pièce du puzzle, jamais la solution complète. Méfie-toi des marques qui brandissent une technologie sans parler du système global.
– Cette innovation est-elle déployée à grande échelle ou est-ce un pilote ?
– Résout-elle un problème en en créant un autre ?
– Quelle proportion de la production est concernée ?

Le détecteur de greenwashing : 10 questions à poser

Avant d’acheter un vêtement présenté comme “durable”, passe-le au crible.

QuestionRéponse espérée
1/ Où est fabriqué ce vêtement ? Pays + nom de l’usine identifiables
2/ De quoi est-il fait exactement ?Composition précise avec pourcentages
3/ Les matériaux sont-ils certifiés ?Labels indépendants vérifiables (GOTS, GRS, OEKO-TEX)
4/ Quelle est sa durée de vie estimée ?Garantie ou engagement de réparabilité
5/ Combien de collections la marque sort-elle par an ?Moins de 4 = bon signe. Plus de 12 = fast fashion
6/ La marque publie-t-elle un rapport d’impact ?Données chiffrées, objectifs datés, vérification externe
7/ Que se passe-t-il en fin de vie ?Programme de reprise crédible, filière de recyclage identifiée
8/ Quel est le salaire des ouvriers ? Si la marque ne sait pas répondre, problème
9/ Cette initiative représente quelle part de l’activité ?100% = engagement réel. 2% = alibi
10/ La marque a-t-elle déjà été épinglée ?Une recherche rapide révèle parfois des scandales passés

Tu n’obtiendras pas toujours toutes les réponses. Mais une marque vraiment engagée pourra répondre à la majorité. Une marque qui greenwashe esquivera ou noiera le poisson.

Les labels qui comptent (et ceux qui ne disent rien)

Tous les labels ne se valent pas. Voici un guide pour s’y retrouver.

✅ Labels fiables (vérification indépendante)
Label  Ce qu’il garantit  Fiabilité
GOTS (Global Organic Textile Standard)|Fibres biologiques + critères sociaux + traçabilité         ⭐⭐⭐⭐⭐
OEKO-TEX Standard 100Absence de substances nocives dans le produit fini⭐⭐⭐⭐
OEKO-TEX Made in GreenStandard 100 + conditions de production⭐⭐⭐⭐⭐
BluesignProcédés de fabrication à faible impact⭐⭐⭐⭐
GRS (Global Recycled Standard)Contenu recyclé vérifié + critères sociaux/environnementaux⭐⭐⭐⭐
Fair Trade CertifiedCommerce équitable, salaires décents⭐⭐⭐⭐
B CorpCertification globale de l’entreprise (social + environnement)⭐⭐⭐⭐⭐
Cradle to CradleConception circulaire, matériaux sains⭐⭐⭐⭐⭐
⚠️ Labels à interroger
Label Pourquoi c’est ambigu
BCI (Better Cotton Initiative)Mieux que le conventionnel, mais critères jugés insuffisants par beaucoup. Pas de traçabilité physique garantie
Recycled Claim Standard (RCS)Vérifie le contenu recyclé mais pas les conditions de production
“Coton bio” sans certificationSans label type GOTS, aucune garantie réelle
❌ Labels sans valeur
MentionPourquoi ça ne vaut rien
“Éco-conçu”Aucune définition légale
“Respectueux de la planète”Aucune définition légale
“Collection responsable”Défini par la marque elle-même
“Green” / “Natural” / “Conscious”Marketing pur
Pictogrammes maisonAucune vérification externe

Les vrais acteurs : qui fait quoi concrètement ?

Passons du diagnostic à l’action. Voici des acteurs qui incarnent différentes approches de la mode circulaire.

Les pionniers de la conception durable

– Patagonia 🇺🇸
Le cas d’école. Depuis 50 ans, la marque outdoor intègre la durabilité à tous les niveaux : matériaux recyclés, garantie à vie, programme de réparation (Worn Wear), activisme environnemental assumé.
En 2022, le fondateur Yvon Chouinard a transféré 100% des actions de l’entreprise à des organisations de protection de l’environnement. Les profits financent désormais la lutte contre le changement climatique.
Patagonia prouve qu’on peut être rentable et radical.
– Veja 🇫🇷
La marque de sneakers française a construit son modèle sur la transparence. Caoutchouc sauvage d’Amazonie. Coton bio du Brésil. Cuir tanné sans chrome. Zéro publicité — le budget com passe dans la qualité des matériaux.
Leurs prix sont plus élevés que la moyenne. C’est le vrai coût d’une production responsable.
– Eileen Fisher 🇺🇸
Programme “Renew” : la marque rachète ses propres vêtements usagés pour les revendre, les réparer ou les recycler en nouvelles pièces. Plus de 1,5 million de vêtements récupérés depuis le lancement.
Un vrai système circulaire fermé, pas un programme de collecte alibi.

Les innovateurs matériaux

– Pangaia 🇬🇧
Recherche sur les matériaux du futur : fibres de fleurs, duvet de fleurs sauvages (FLWRDWN™), teintures à base d’algues. Chaque produit affiche son empreinte carbone et son usage d’eau.
La marque reste transparente sur ses limites : certains de leurs tissus contiennent encore du polyester recyclé, avec les problèmes de microplastiques associés.
– Bolt Threads 🇺🇸
Développe Mylo™, un “cuir” à base de mycélium (racines de champignons). Utilisé par Stella McCartney, Adidas, Lululemon. Une vraie alternative au cuir animal et au plastique.
Encore au stade de la niche (production limitée, prix élevés), mais la technologie progresse.
– Evrnu 🇺🇸
Technologie de recyclage chimique qui transforme les vieux vêtements en coton en nouvelles fibres de haute qualité. Partenariats avec Levi’s et Adidas.
Le recyclage textile fibre-à-fibre est le Saint Graal de la circularité. Ces technologies peuvent changer la donne — si elles passent à l’échelle.

Les plateformes de seconde main

Vestiaire Collective 🇫🇷
Leader européen de la revente de luxe. Authentification des pièces, curation qualitative. Prouve que le marché de l’occasion peut être désirable, pas seulement économique.
Vinted 🇱🇹
Démocratisation massive de la seconde main. 80 millions d’utilisateurs. A normalisé la revente entre particuliers pour une génération entière.
Limite : l’effet rebond. Certains utilisateurs vendent pour racheter du neuf. La plateforme facilite aussi la revente de fast fashion, prolongeant un système problématique.
The RealReal 🇺🇸
Consignation de luxe avec programme de durabilité. Publie un rapport d’impact annuel. Chaque achat affiche les économies de CO2 par rapport au neuf.

Les réparateurs et upcycleurs

The Restory 🇬🇧
Service de réparation haut de gamme pour chaussures et maroquinerie. Partenaire de Harrods et Selfridges. Prolonge la vie des pièces de luxe de plusieurs décennies.
Les Réparables 🇫🇷
Ateliers de réparation textile accessibles. Couture, retouche, customisation. Rendre la réparation aussi facile que l’achat.
Renaissance 🇫🇷
Ateliers d’insertion qui collectent, trient et valorisent les textiles en Île-de-France. Économie circulaire + économie sociale et solidaire.

Le guide pratique : 7 actions concrètes

Assez de théorie. Voici ce que tu peux faire, dès maintenant.

Action 1 : Audite ton placard

Avant d’acheter quoi que ce soit de neuf, fais l’inventaire de ce que tu possèdes déjà.

Exercice :

– Sors tout. Absolument tout.

– Fais trois piles : ce que tu portes régulièrement / ce que tu n’as pas porté depuis 1 an / ce qui est abîmé

– La pile “pas porté depuis 1 an” → revente, don, échange

– La pile “abîmé” → réparation ou recyclage

La plupart des gens ne portent que 20% de leur garde-robe. Le vêtement le plus durable est celui que tu possèdes déjà.

Action 2 : Applique la règle des 30

Avant chaque achat, demande-toi : “Vais-je porter cette pièce au moins 30 fois ?”

Si la réponse est non, repose-la.

Cette règle simple élimine les achats impulsifs, les pièces trop tendance, les “au cas où” qui finissent au fond du tiroir.

Action 3 : Privilégie la seconde main

Pour toutes les basiques et les pièces classiques, la seconde main devrait être le premier réflexe.

Où chercher :

– Plateformes généralistes : Vinted, Leboncoin

– Luxe et premium : Vestiaire Collective, Vide Dressing, Collector Square

– Vintage : Kilo shops, friperies locales, Etsy vintage

– Spécialisé streetwear : Grailed, Depop

Avantage bonus : Tu trouves des pièces que plus personne ne produit.

Action 4 : Apprends à réparer

La couture de base n’est pas compliquée. Recoudre un bouton, repriser un trou, refaire un ourlet — ça s’apprend en quelques heures.

Ressources :

– YouTube : cherche “visible mending”, “réparation textile”

– Ateliers locaux : beaucoup de villes ont des repair cafés ou des associations qui proposent des initiations gratuites

– Livres : Mending Matters de Katrina Rodabaugh, Visible Mending de Jenny Wilding Cardon

Ce que tu ne peux pas faire toi-même, confie-le à une retoucherie. C’est presque toujours moins cher qu’un rachat.

Action 5 : Entretiens mieux

La façon dont tu laves et stockes tes vêtements impacte directement leur durée de vie.

Règles d’or :

– Lave moins souvent. La plupart des vêtements n’ont pas besoin d’être lavés après chaque usage. Aère-les, brosse-les.

– Lave à froid. 30°C suffit dans 90% des cas. Économie d’énergie + préservation des fibres.

– Utilise un sac Guppyfriend pour les synthétiques. Capture les microplastiques au lavage.

– Sèche à l’air libre. Le sèche-linge détruit les fibres.

– Stocke correctement. Cintres adaptés, pas d’entassement, protection contre les mites.

Action 6 : Questionne systématiquement

Chaque fois qu’une marque te parle de durabilité, active ton détecteur de greenwashing.

Script type :

“Vous dites que cette collection est éco-responsable. Pouvez-vous me dire :

1. Quel pourcentage de votre production totale cela représente ?

2. Quels labels indépendants certifient vos matériaux ?

3. Où puis-je trouver votre rapport d’impact ?”

En boutique, le vendeur ne saura probablement pas répondre. C’est déjà une information.

Par email ou sur les réseaux, une marque sérieuse répondra. Une marque qui greenwashe esquivera.

Action 7 : Parle autour de toi

Le changement systémique passe par le changement culturel. Plus on est nombreux à poser ces questions, plus les marques seront forcées d’y répondre.

Partage ce que tu apprends. Pas pour faire la morale — pour ouvrir des conversations. La plupart des gens ne greenwashent pas par malveillance. Ils n’ont simplement pas les outils pour décoder.

Donne-leur ces outils.

Ce qu’on ne te dit pas (les limites du système)

Soyons honnêtes jusqu’au bout. L’économie circulaire n’est pas une baguette magique.

Limite 1 : Le problème de l’échelle

La fast fashion produit des milliards de vêtements par an. Shein sort 10 000 nouveaux modèles par jour. Par jour.

Face à ces volumes, les initiatives circulaires restent marginales. Même en croissance rapide, la seconde main représente moins de 10% du marché mondial du textile.

Le vrai levier, c’est la réduction de la production. Produire moins, pas seulement produire mieux. Et ça, aucune marque dont le business model repose sur la croissance ne peut le proposer.

Limite 2 : Le recyclage n’est pas la solution

Le recyclage textile est un mythe partiellement. Les technologies actuelles ne permettent pas de recycler la plupart des vêtements en nouveaux vêtements de qualité équivalente.

Les mélanges de fibres (coton-polyester par exemple) sont quasi impossibles à séparer. Les fibres recyclées sont souvent plus courtes, moins résistantes. Le “downcycling” (transformer en isolant, en chiffons) est la norme, pas le “upcycling”.

Miser sur le recyclage pour justifier la surproduction est une impasse.

Limite 3 : La responsabilité individuelle a ses limites

Oui, tes choix comptent. Mais ils ne suffiront pas.

Le système est conçu pour la surconsommation. Marketing omniprésent. Collections qui se renouvellent toutes les semaines. Prix artificiellement bas qui cachent des coûts sociaux et environnementaux externalisés.

Le changement réel viendra d’une combinaison :

– Pression des consommateurs (toi)

– Régulation politique (lois anti-gaspillage, responsabilité élargie des producteurs)

– Transformation des business models (location, réparation, services plutôt que produits)

Tu fais partie de l’équation. Tu n’es pas toute l’équation.

Vers une garde-robe consciente

Vers une garde-robe consciente

On ne te demande pas d’être parfait.
On te demande d’être conscient.
Conscient que chaque vêtement a une histoire — des champs de coton aux mains qui l’ont cousu, des litres d’eau qui l’ont teint aux kilomètres qu’il a parcourus pour arriver dans ta penderie.
Conscient que les mots verts sur les étiquettes méritent d’être questionnés.
Conscient que tes choix, agrégés à des millions d’autres, façonnent le système.
La mode circulaire idéale n’existe pas encore. Mais elle se construit, maintenant, par ceux qui refusent de fermer les yeux.

Tu veux en faire partie ?

Commence par la prochaine question que tu poseras.

📍 Infos pratiques

Adresse : Holcombe Rucker Park, 155th St & Frederick Douglass Blvd, New York, NY 10039

Accès : Métro lignes B, C, D — arrêt 155th Street

Meilleure période : Les tournois EBC ont lieu chaque été (juin-août). Les matchs du soir attirent les plus grandes foules.

Conseil : Arrive tôt. Les places dans les gradins sont limitées. Et parle aux anciens — l’histoire orale de Rucker vaut tous les documentaires.

Pour aller plus loin

Documentaires :

– Soul in the Hole (1997) — La culture streetball de Brooklyn

– Doin’ It in the Park (2012) — Exploration des playgrounds new-yorkais

– The Entertainer (2003) — Portrait de la légende Rucker Alimoe

Films :

– Rebound: The Legend of Earl “The Goat” Manigault (1996)

– He Got Game (1998) — Spike Lee, avec des scènes à Rucker

Livres :

– Asphalt Gods de Vincent M. Mallozzi — Histoire orale du streetball new-yorkais

– The City Game de Pete Axthelm — Classique sur le basketball urbain

 Et toi ?

Tu connais un terrain qui mériterait qu’on raconte son histoire ? Un playground légendaire dans ta ville ? Des figures locales qu’on devrait mettre en lumière ?

Dis-nous en commentaire ou sur nos réseaux @pourquoipasnow.